Mais si ce chiffre peut sembler prometteur, il prend un autre sens quand on apprend que ce chiifre est suivi de la déclaration suivante "Nous allons investir 2 milliards d'euros [dans les déploiements de fibre optique, ndlr], mais nous limitons cet effort car si nous allons trop vite, on risque de nous accuser d'étouffer la concurrence" faite par Pierre Louette, actuel Secrétaire Générale du Groupe Orange.
Comment prendre cette citation?
Orange lance un avertissement à ses petits camarades FAI, en mettant bien en avant la puissance financière colossale d'Orange qui pourrait écraser le marché par leur simple volonté?
Orange ne veut pas investir plus que les autres, et se faire "voler" son réseau après un déploiement massif?
Orange aime passer pour le vilain petit canard, maltraité par les administrations de régulation (rappelons que de part sa position historique le FAI avait par exemple jusqu'à cette semaine l'interdiction d'avoir au Cross Selling, c'est à dire de croiser ses bases clients mobiles et ADSL, contrairement à SFR.)
Une chose est sûre, Orange ne fait pas dans le social dès lors que l'on aborde le sujet du futur marché très prometteur de la fibre optique. Par conséquent, on peut estimer que le FAI ne veut pas essuyer les platres et faire partager sa puissance d'investissement d'où cette volonté d'équilibre.
Yves Parfait, Directeur du projet La Fibre chez Orange explique d'ailleurs que l'on se trouve face à un paradoxe, alors que la France prend du retard quant à la mise à disposition de la Fibre Optique, Orange investit certes mais de manière mesuré, afin de ne pas aller trop vite, il s'explique : "Cela fait partie du paradoxe. Certains nous accusent d'aller trop vite, d'autres trop lentement, il s'agit de placer le curseur au bon endroit".
Par ailleurs, alors qu'une polémique sur la réelle utilité de la Fibre Optique est apparue, puisque les chiffres montrent que le taux d'abonnés à la fibre en zone éligible est loin d'être optimum, Yves Parfait affirme que la demande existe bel et bien aujourd'hui, et ce même si peu d'arguments sont présentés pour défendre la réelle utilité du Très Haut Débit.
La vraie révolution et donc nécessité d'un tel débit serait la 3D, qui certes demande de grosses ressources en bande passante, mais qui n'en est qu'à sa naissance commerciale et fonctionnelle. Il est également suggéré l'homogénéité de débit pour un foyer (mutliposte, réseau domestique...), et la capacité à transférer rapidement de gros fichiers.
Mais cet argument reste timide dans le discours des FAI, il ne faudrait assimiler transfert rapide de gros fichiers, à téléchargement massif.
En creusant encore l'article paru sur ZDNet, on comprend également rapidement que le déploiement de la Fibre partout et pour tous, n'est qu'un doux rêve administratif et théorique. Lorsque l'on évoque les 2 Milliards d'Euros d'investissement d'Orange, on ne parle bien sûr ici que de déploiement dans les Zones dites Denses.
Pour le reste, la meilleure défense reste le flou artistique, on apprend que des tests de co-financement sont effectués avec Free et SFR, mais on apprend surtout que les FAI ne prendront de décision avant que l'ARCEP ne rende sa consultation pour les Zones 2, dites moins denses.
Là, le FAI reste encore intéressé dirons-nous, en revanche, pour les Zones 3, que nous appelleront "pas denses du tout". Le flou artistique se transforme en opacité totale, on en appelle aux efforts des collectivités, et aux méthodes d'amélioration de débit, bien éloignées de la Fibre Optique.
En gros, ces zones resteront ce qu'elles sont, mais tout de même, on essaiera de faire un effort et de leur fournir un moyen de substitution comme une montée en débit de la connexion ADSL, par exemple. L'évolution numérique de ces zones ne passera donc pas par des efforts des FAI, mais plutôt de solutions alternatives, comme le satellite par exemple, idée discutée par ailleurs lors de ces Assemblées du Très Haut Débit.
source: "ZDnet"